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Toute la musique qu’on aime Eddy Barsky "Pour moi, ce spectacle en hommage à Johnny Hallyday fut le début d'une deuxième aventure. Avant, il y avait mon spectacle, celui que j'avais conçu en mélangeant les chansons que j'avais écrites et d'autres, beaucoup plus connues. Et puis… Et puis, Christine et Michaël se sont mariés en juin 1995, en l’église de Namèche, un petit village belge, dans les environs de Namur. Les mariés étaient, tous les deux, d’extraordinaires fans de Johnny Hallyday. Un ami commun, sachant que, dans mon spectacle, j’avais inclus un petit hommage à Johnny, avec notamment « Que je t’aime » en japonais, m’a demandé de chanter, à l’église, pendant la cérémonie, deux chansons de Johnny, choisies par les mariés : « Je te promets » et « Je serai là ». Un chanteur cherche toujours à se faire peur. Cette opportunité constituait un fameux défi. Chanter dans une église, c’est déjà inhabituel. Mais à une messe de mariage, on n’a pas le moindre droit à l’erreur sous peine d’abîmer la plus belle journée du monde pour deux jeunes gens. J’ai accepté. Puis le père de la mariée me proposa un cachet que je jugeais trop important pour deux chansons. Je leur ai proposé, pour le même prix, de donner, dans la soirée, un petit spectacle de chansons de Johnny Hallyday. C’était la première fois que je préparais un spectacle d’hommage, ne comportant aucune de mes chansons. Mes spectacles d’hommage à Elvis Presley puis à Jacques Brel découlent de cette première expérience. Hors de question, bien sûr, de s’essayer à l’imitation. Je voulais chanter les chansons à ma manière. Avec un maximum d’originalité, tant dans l’interprétation que dans la présentation. Dans ce spectacle, comme dans les autres, j’ai cherché comment surprendre les spectateurs. Pour « Hey Joe », par exemple, je me choisis une « victime » : un homme accompagné de son épouse. Et je chante en le regardant droit dans les yeux : « Ma parole, on en oublie que t’es si laid… » Ou, en désignant l’épouse : « Je rêvais d’avoir une fille bien à moi. Mais il paraît Joe, qu’elle dort maintenant entre tes bras »… Ce soir-là, la réaction de « ma victime » fut tellement drôle que j’ai véritablement "pris mon pied" en faisant ce petit spectacle d’une demi-heure. Et cela m’a donné l’envie de le travailler davantage. Aujourd’hui, on l’a porté à 70 minutes. Y compris, bien sûr, « Que je t’aime » en japonais. Pour moi, ce spectacle est une sorte de récréation. Je l'ai présenté dans des circonstances extrêmes et notamment dans un autocar qui emmenait des fans belges à Bercy. Et aussi pour les 50 ans d’un ami, traiteur, et devant une salle où de nombreuses personnes - ses clients et fournisseurs - n’étaient pas du tout concernées par le phénomène Johnny Hallyday. Dans les jours qui ont suivi, six amis du traiteur lui ont téléphoné pour lui demander de leur réserver des places lors du prochain spectacle que Johnny viendrait faire en Belgique. Ces gens-là avaient ressenti un intérêt pour Johnny Hallyday grâce à mon spectacle. Quelle récompense !" Eddy Barsky |